Cette contribution examine en un premier temps les différentes évolutions qui ont marqué cette question de la prise en compte des dimensions sociales dans les projets de sauvegarde du patrimoine. Elle en examine aussi le pourquoi et le comment. Elle détaille ensuite les différentes « dimensions » qu’il s’agit de prendre en compte, ainsi que les outils qui permettent la mise en œuvre de cette prise en compte. Enfin, à partir de quelques cas de figure classiques de l’intervention en médina (interventions sur des constructions « ordinaires » à usage d’habitation, aménagement d’espaces publics intersticiels, restructuration ou déplacement d’activités, requalification de bâtiments à haute valeur patrimoniale), elle esquisse quelques pistes méthodologiques pour cette prise en compte.
A paraître (2005) sous la direction de M.Volait, P.Garret et R.Cattedra in Les Patrimoines dans la ville.
Urbama, Tours. Contribution : « Patrimoine des uns et des autres : le patrimoine des habitants des médinas est-il légitime ?».
Cette contribution s'interroge sur l'absence apparente de légitimité du patrimoine vécu et réapproprié par les habitants dans le débat national sur le patrimoine, débat relativement récent au Maroc puisqu'il n'a véritablement émergé qu'au cours des 20 dernières années. Les différentes raisons culturelles, sociales et urbanistiques qui peuvent expliquer cette absence sont examinées. Plus particulièrement, et à partir d'une analyse de la manière dont ont été reçus, par les acteurs publics, les résultats d'une enquête sur les rapports des habitants de Fès avec leur "patrimoine" (menée dans le cadre de l'évaluation sociale ex ante du projet de sauvegarde de la médina de Fès, conduite par l’auteur en 1995), la contribution montre que des modifications importantes dans les processus d’élaboration des projets (ici, l'existence même d'une telle étude, singulièrement innovante) ne réussissent pas nécessairement à rendre audibles des pratiques, des valeurs et des attentes qui vont trop à l’encontre de l’idéologie et des représentations des acteurs et du milieu disposant du pouvoir de décision. Et qu'en cela, ce qui se passe en matière de valorisation patrimoniale ne constitue pas une réelle spécificité par rapport à ce qui se passe de manière générale dans la fabrication de la ville.
A paraître sous la direction de T.Spector et J.Theys in Villes du XXIème siècle, entre villes et métropoles : rupture ou continuité ? Collections CERTU. Contribution « Fragmentation spatiale, Fragmentation sociale : l’éclatement de la ville, en favorisant la balkanisation, empêcherait-il de faire société ? »
La notion de fragmentation sociale appliquée à l'analyse de l'espace urbain renvoie à deux anticipations socio-spatiales du futur des villes. D’une part, la référence au modèle des communautés fermées renvoie à l’image future d’une société faite de segments développant de fortes solidarités internes, repliés sur eux-mêmes et excluant tout contact avec les autres. D'autre part, une autre représentation se constitue à partir d'une fragmentation envisagée au niveau individuel : l’éclatement n’est plus alors vu au prisme de la menace d’une communautarisation/privatisation de l’espace urbain, mais bien de celle d’un développement extrême de l’individuation, qui peut aller jusqu’à l’expression d’une désaffiliation individuelle à l'égard des solidarités globales. Ces deux anticipations ont en commun de ne sélectionner, dans la grande diversité des comportements des habitants des villes, que les seules données empiriques appuyant les thèses de la désagrégation, voire de la "fin" de la société. Elles sous-estiment notamment la multiplicité de registres de comportements possibles y compris chez de mêmes individus, simultanément ou dans le temps. Elles négligent également, dans les exemples d’urbanisation du Tiers-monde, ceux qui tendraient à démontrer la capacité intégrative renouvelée de la ville et de ses modèles de consommation sur de très larges franges de population, y compris dans les fragments qui, spatialement, en semblent pourtant “exclus”. Les visions de la ville fragmentée sont ici discutées et contre-argumentées à partir de matériaux empiriques collectés dans les villes maghrébines.
A paraître sous la direction de J.L Arnaud et J.C.Depaule (2005) in Manifestations de l'urbain dans le Monde Arabe. Contribution : « Les espaces publics des villes maghrébines, enjeu et partie prenante de l'urbanisation ».
La question des espaces publics dans la ville maghrébine est ici abordée sous trois angles différents : mettre en évidence quelques évolutions qui participent de transformations socio-spatiales à l'œuvre dans le processus d'urbanisation et qui affectent plus particulièrement les rapports entre espaces privés et non-privés; montrer en quoi les espaces publics apparaissent comme des enjeux décisifs dans ces transformations et comment ils sont partie prenante dans des évolutions politiques, inachevées, conflictuelles, à issue incertaine; montrer enfin comment les transformations des espaces publics accompagnent de manière extrêmement imbriquée et serrée des transformations plus généralement reliées aux affaires et aux espaces privés.
City Global Report, UNHSP/ DPU, University College of London, 2003 : Contribution : « Rabat-Sale » (en anglais)
La contribution a pour objectif de présenter la situation de l'habitat informel ou dégradé et des politiques urbaines au Maroc, à partir du cas de Rabat-Salé. Conformément à la grille établie pour cet exercice de comparaison internationale conduit sous la direction du DPU, la contribution examine d'abord le contexte général du pays (socio-économique et procès d'urbanisation) et de l'agglomération choisie. Elle esquisse une analyse typologique des différents habitats informels, sous-équipés et/ou dégradés au niveau national puis local. Elle analyse ensuite les relations entre ces types d'habitat et la pauvreté et décrit les différentes politiques adressées à l'habitat et à la pauvreté et en analyse les objectifs, les modalités en mise en oeuvre, les résultats obtenus et les perspectives en débat.
www.ucl.ac.uk/dpu-projects/Global_Report /cities/rabat.htm
In Les métiers de la ville, Actes du colloque INAU d’Avril 2001, Rabat, INAU/L’Harmattan, 2003. Contribution : « Les politiques urbaines de résorption des bidonvilles aux risques de la maîtrise d'ouvrage sociale ».
Au Maroc, l’idée que la prise en compte du social pourrait constituer un élément fort des politiques d’intervention dans les bidonvilles est récente. Dénommée provisoirement Maîtrise d’ouvrage sociale, l'approche qui est supposée concrétiser cette idée reste à ce jour encore hésitante. La contribution est centrée sur les implications de sa mise en œuvre, les divers " risques" qu'elle encourt et le besoin de définir de nouveaux "métiers" que cette mise en oeuvre nécessiterait. Dans un premier point, elle énonce brièvement les faits qui justifient le recours à la notion de « risque » : difficultés de passage de l'analyse à l'action, faiblesse de la prise en compte du poids des "routines" et absence de réflexion sur les "traductions" qui permettraient de passer des intentions à des actions concrètes; environnement institutionnel global peu acquis aux analyses menées d'un point de vue social, comme aux conclusions pratiques qui en sont tirées; risque de création d'un "isolat" (action pour les bidonvilles) dans un ensemble de procédures et projets au demeurant inchangés; risque de simple empilement des considérations "sociales" sur les autres considérations qui ont jusque là prévalu dans les décisions, et enfin, risque d'instrumentalisation des formes ou pratiques sociales. Dans un deuxième point, la contribution s'attarde sur les risques liés à l'absence de "métiers", ou plus précisément de définition de tâches ou de compétences pour accompagner cette réforme et s'interroge sur les acteurs qui pourraient porter un tel changement dans la quotidienneté des projets : qui sont-ils? que feraient-ils? comment s’insèreraient-ils dans les dispositifs actuels?
In Habitat insalubre au Maroc. Maîtrise d'ouvrage sociale dans les opérations de résorption. Secrétariat d'Etat à l'Habitat, Direction de l'Habitat Social et des Affaires Foncières, Rabat, 2002. Contribution « La maîtrise d'ouvrage sociale. Définition des concepts et conditions de mise en œuvre».
Ecrite à partir d'une communication faite dans l'atelier de Rabat, consacré en Mars 2001 à la question de la maîtrise d'ouvrage sociale, la contribution de l’auteur attire l'attention sur la définition de cette notion, montrant qu'elle désigne une démarche beaucoup plus qu’un corpus de connaissances où les sciences sociales auraient un simple rôle de « transmission » à jouer. Elle rappelle brièvement les évolutions dans l'idéologie et les valeurs sous-jacentes aux projets de développement qui ont conduit, au niveau international, à l'émergence de cette démarche. Elle examine ensuite, pour le cas marocain, les conditions particulières du passage des intentions de prise en compte des dimensions sociales dans les projets à leur mise en œuvre concrète ainsi que les obstacles –idéologiques, politiques, socio-anthropologiques et matériels – que cette mise en oeuvre pourrait dès lors rencontrer.
Sous la direction de C.Ghorra-Gobin in Réinventer le sens de la ville. Les espaces publics à l’heure globale Paris, L’Harmattan, collection Géographie et Culture, 2001. Contribution : « Les espaces publics dans les villes marocaines ».
Cette contribution examine en un premier temps les différentes évolutions qui ont marqué cette question de la prise en compte des dimensions sociales dans les projets de sauvegarde du patrimoine. Elle en examine aussi le pourquoi et le comment. Elle détaille ensuite les différentes « dimensions » qu’il s’agit de prendre en compte, ainsi que le outils qui permettent la mise en œuvre de cette prise en compte. Enfin, à partir de quelques cas de figure classiques de l’intervention en médina (interventions sur des constructions « ordinaires » à usage d’habitation, aménagement d’espaces publics intersticiels, restructuration ou déplacement d’activités, requalification de bâtiments à haute valeur patrimoniale), elle esquisse quelques pistes méthodologiques pour cette prise en compte.
Avec E.Dorrier-Apprill, P.Gervais-Lambony, F.Morriconi-Ebrard : Vocabulaire de la ville, Editions du Temps, Paris, 2001.
Il s'agit d'un ouvrage à portée essentiellement pédagogique et qui fait le point sur les connaissances de base nécessaires à une compréhension actualisée des villes et de l'urbanisation dans le monde. F.Navez-Bouchanine s'attache en particulier à définir, critiquer et relativiser la notion de "fragmentation" souvent mobilisée pour souligner une évolution négative des condition socio-spatiales urbaines.
Sous la direction de I.Berry-Chikhaoui et A.Deboulet : Compétences des citadins dans le monde arabe, IRMC, Karthala, Urbama, Tunis, Paris, Tours, 2000. Contribution : « Compétences collectives, émergence de la société civile et intermédiation sociale dans la gestion urbaine».
S'appuyant sur un ensemble de travaux antérieurs portant sur les compétences des habitants dans leurs espaces de vie, (lesquels ont permis de montrer les grandes capacités individuelles d’adaptation dans les processus d’appropriation, de valorisation ou d’aménagement de l’espace), la contribution examine plus particulièrement la question des compétences collectives et des modalités de construction de ces dernières. Elle vise également à mettre en lumière les ressources diverses et entremêlées sur lesquelles ces compétences s’appuient et dont elles s’alimentent. Une première partie montre les difficultés d’analyse et d’interprétation dues aux grilles de lecture idéologiques souvent plaquées sur les observations empiriques et met en garde contre les effets d'occultation des processus réels par le désir, conscient ou inconscient, de diffusion des idéaux démocratiques qui sous-tendent nombre de travaux sur les "associations" ou les "solidarités communautaires". Une deuxième partie tente de rendre compte des modalités de constitution et de fonctionnement de certaines initiatives collectives dans le domaine de l’aménagement urbain en mettant en évidence la diversité et la complexité des formes et ressources sociales mobilisées à cette occasion. Il le fait de manière critique, en s’interrogeant sur la signification, la nature et le caractère, structurel ou anecdotique, de ces « constructions » sociales et en essayant d’échapper à des explications empreintes de références sur le « faire société » idéal.
Sous la direction de A.Hayot, A.Sauvage et D.Pinson in Le projet urbain. Enjeux, expérimentation et profession, Editions de La Vilette, Paris, 2000. Contribution : « Les postures de la sociologie dans le projet urbain ».
Cette contribution entend alimenter le débat sur les postures possibles de la sociologie dans les processus d'analyse et de formulation de projets urbains. Partant de l'expérience marocaine de l'auteur, qui a cherché à aller au-delà de l'opposition classique héritée de Weber entre savant et politique, trois postures sont analysées, notamment à partir de la signification et des implications que ces postures ont en terme de démarche scientifique, de critique épistémologie et d'engagement individuel: la sociologie instrumentale, la sociologie critique ou "surplombante" et la sociologie "partie-prenante". La contribution relate notamment les tentatives de l'auteur de fonder, dans cette dernière posture, sa propre pratique disciplinaire en s'appuyant sur une double critique - externe et interne- des projets.
In Le logement social et la ville Actes de la XII ° conférence internationale du réseau Habitat et Francophonie, Tanger Novembre 1999, éditée à Paris, 2000. Contribution : « Du bilan critique à une charte nationale : de nouvelles orientations en débat au Maroc ».
Cette contribution a été écrite à mi-parcours du processus d'évaluation et de reformulation des politiques d'intervention dans les bidonvilles au Maroc. Elle expose les raisons de la ligne critique qui a été adoptée par le Secrétariat d’Etat à l’Habitat, détaille ensuite la méthode et les objectifs poursuivis par le bilan critique réalisé en 1999 et esquisse les perspectives de reformulation qui se sont ouvertes, à partir de là, ainsi que les questions de fond que ces dernières soulèvent en termes de mise en oeuvre.
Sous la direction de N.Haumont et J.P.Levy in La ville éclatée, quartiers et peuplement Paris, L’Harmattan, 1998. Contribution : « Fragmentation spatiale et stratégies résidentielles ».
Cette contribution s’intéresse à la question des stratégies résidentielles. Elle en examine d'une part les contraintes et met en évidence les facteurs qui pourraient expliquer les déplacements stratégiques dans l'espace ainsi que les modalités par lesquelles ils s'opèrent. Elle explore d'autre part les ressources mobilisées par les habitants pour construire ces stratégies, ressources individuelles ou collectives, privées ou publiques, sociales, politiques et/ou économiques.
Sous la direction de E.Lebris, J.P. Deler et G.Schneier in Les métropoles du sud au risque de la culture planétaire. Ed.Karthala, Paris, 1998. Contribution : « Espace public , équipements et services urbains: du modèle de référence à la réalité... ».
Cette contribution tente de saisir les similitudes et différences de logique qui unissent ou séparent les techniciens, gestionnaires et décideurs d'une part, et les usagers d'autre part, à propos de la question des équipements et services urbains dans les villes marocaines. Elle montre notamment que des convergences partielles en termes de modèle de référence ne signifient pas nécessairement une convergence sur la totalité du modèle, et encore moins sur les conditions concrètes de la mise en œuvre des équipements prônés dans ce dernier, et ce pour diverses raisons qui tiennent tant à l'origine des ressources mobilisées, qu'aux moyens humains et administratifs de la mise en oeuvre et du suivi ou aux processus d'appropriation ultérieure. A travers les différents types d'équipement observés (équipements d'infrastructure, équipements collectifs, commerces, services…), la contribution montre comment se nouent des interactions/transactions entre pouvoirs publics et usagers; elle examine quelques situations particulières générées par la confrontation des logiques et la manière dont ces situations sont contournées ou résolues.
Sous la direction de P.Signoles et M.Lussault in La citadinité au Maghreb, Urbama, Tours, 1996. Contribution : « Citadinité et urbanité: le cas des villes marocaines ».
A partir de nombreuses enquêtes et observations menées notamment dans le cadre de la thèse d'Etat en sociologie, la contribution propose de s'éloigner des conceptions normatives et élitistes qui connotent trop souvent les approches des modes de vie et des usages de l'espace urbain dans les villes marocaines et propose la construction de modèles au sens anthropologique. Elle distingue à cet effet les pratiques et représentations des espaces privés et publics et conclut à des convergences décroissantes à mesure qu'on s'éloigne des espaces privés et qu'on se rapproche des espaces publics. Elle insiste enfin sur le caractère dynamique de ces modèles et donc, sur leur grande flexibilité.
Sous la direction de L.Voyé in Villes et transactions sociales. Hommage à J.Remy. Paris, L'Harmattan, 1996. Contribution : « De l'espace fragmenté comme ressource ».
Le tissu urbain de nombre de villes des pays en développement se caractérise par la diversité des espaces physiques qui le composent: ce dernier paraît fragmenté parce qu'il est fait de "morceaux" hétérogènes en termes de typo-morphologie, d'équipement et de desserte urbaine. Cette fragmentation se mesure également à la discontinuité entre les pièces de cette "mosaïque" ainsi que par l'absence d'articulations entre elles. Il est tentant, en cédant au raisonnement par homologie, d'en déduire une fragmentation sociale, corollaire de la spatiale. La contribution à l'ouvrage d'hommage à J.Remy et inspirée de l'intérêt témoigné par ce dernier aux notions d'interstice urbain et d' espace à faible légitimité montre que la fragmentation physique et les différences morphologiques et spatiales, loin d'être regardées dans une perspective négative, comme indicateurs statiques d'une fragmentation sociale, peuvent être au contraire placées dans une perspective positive et analysées comme ressources pour les quotidiennetés et les stratégies déployées par les acteurs. Le cas des villes marocaines est particulièrement intéressant dans cette perspective, en particulier si on observe les bidonvilles et les quartiers dits clandestins. Ces deux types de "fragments", mal articulés à la ville légale en termes spatiaux et physiques, apparaissent en effet à maints égards comme des ressources, au sens évoqué plus haut, comme le démontrent trois aspects développés ici à partir d'enquêtes empiriques : les stratégies résidentielles, les dynamiques économiques et les mécanismes d'identification et d'appartenance sociales.
In Les ONG et la ville au Maghreb, Actes du séminaire de Rabat (Octobre 1995), ENDA-MAGHREB/AMSED, Rabat, 1996. Contribution : « La participation des populations à l’amélioration de leur cadre de vie et à la gestion urbaine ».
Cette contribution rapporte les différentes formes de prise en charge des questions d'aménagement et de services observées sur le terrain des quartiers informels. La question de l'organisation collective et des rapports avec les associations formelles est examinée, ainsi que, plus largement, le rapport au politique qui sous-tend les comportements et les attentes des populations.
Sous la direction de M.Polèse et J.M.Wolfe in L'urbanisation des pays en développement Economica, Paris, 1995. Contribution en collaboration avec F.Dansereau : « Les stratégies familiales et résidentielles à Rabat-Salé ».
Cette contribution met en évidence les traits majeurs des itinéraires résidentiels des ménages et les véritables stratégies de déplacement que ces ménages déploient pour atteindre un produit correspondant à un optimum, compte tenu de leurs contraintes et du marché, formel comme informel. Elle souligne au passage l'impact remarquable des opérations de logement et de quartier publiques sur l'orientation et l'inflexion des stratégies habitantes. Elle montre aussi les divers recoupements entre les itinéraires résidentiels, familiaux et professionnels ainsi que les moyens et les ressources -individuels, collectifs- mobilisés par ces ménages dans le déploiement de leurs stratégies.
Sous la direction de P.Bodson et P.M. Roy, in Politiques d'appui au secteur informel, Economica, Paris, 1995. Contribution, en collaboration avec F.Dansereau : « L'habitat informel comme moyen d'intégration à l'urbain ».
A partir d'enquêtes menées dans différents quartiers informels ainsi que dans des quartiers formels récents destinés aux populations issues des bidonvilles, cette contribution montre comment les itinéraires non seulement résidentiels, mais aussi professionnels ou familiaux, sont intimement liés et comment le "choix" de s'installer ou de rester dans un quartier, comme celui de se déplacer, témoignent d'une volonté et d'une stratégie d'intégration à la ville. Les conditions de cette intégration et les moyens mobilisés pour y accéder sont également décrits.
Sous la direction de P.Pellegrino, in Culture architecturale, culture urbaine, Economica, Paris, 1993. Contribution : « Conception architecturale et urbanistique, et référence au patrimoine ».
Cette contribution s'intéresse à la ressource que constitue le patrimoine pour les concepteurs – de logement et d'espaces urbains- au Maroc. Le rapport au patrimoine, les références –formelles ou abstraites- que le processus de conception intègre, et le sens ou les valeurs que les concepteurs accordent à ce rapport -privilégié ou rejeté- sont brièvement explorés à partir d'interviews approfondies menées auprès de concepteurs publics ou privés. La contribution montre ainsi la diversité des points de vue qui sont construits, mais souligne toutefois un grand point commun aux différentes démarches relevées, à savoir l'absence quasi-générale d'intérêt pour la manière dont les habitants usent et reformulent eux-mêmes le patrimoine bâti.
Sous la direction de N.El Aoufi, in La société civile au Maroc. SMER, Rabat, 1992. Contribution : « Autour du territoire urbain, la société civile ? »
Dans cet ouvrage consacré à la notion de société civile appliquée au cas marocain et à l'émergence de formes d'expression de cette dernière, la contribution de F.Navez-Bouchanine s'interroge sur les modalités d'organisation collective observées empiriquement dans les quartiers populaires des grandes villes autour des enjeux d'aménagement et de gestion urbaine. Elle décrit un certain nombre d'expériences observées dans différents quartiers de grandes villes marocaines et en analyse la genèse et les effets tant au niveau urbain qu'au niveau social, s'appliquant notamment à montrer les difficultés de (re)composition sociale dans ces espaces où les ménages s'appuient en priorité sur des réseaux solidaires largement "déterritorialisés".
Sous la direction de K.Mechta in Patrimoine, Tradition, Modernité Publisud, Paris, 1991. Contribution : « Y a-t-il un mode d'habiter spécifique à la Médina ? »
Dans cet ouvrage qui tente de renouveler les points de vue sur le patrimoine urbain maghrébin, la contribution montre en quoi les transformations observées par enquête dans l'habitat en médina et dans les usages des espaces non-privés qui la composent, offrent plus de convergences que de divergences dès lors qu'on les compare avec les processus à l'œuvre dans les autres quartiers urbains. Tout en montrant les spécificités formelles auxquelles les habitants de médina peuvent avoir recours pour ajuster l'espace à leur mode de vie ou vice-versa, elle attire l'attention sur le caractère erroné des points de vue qui continuent à considérer la médina comme une sorte de conservatoire des modes de vie traditionnels.
In Actes du colloque Stratégies nationales et inter-régionales de développement urbain dans le monde Arabe, Le Caire, 1990, Orstom/Cedej, Paris, 1991. Contribution : « Appropriation de l'espace et mode d'habiter: des modèles propres aux grandes villes ou communs a tout l'urbain ? »
Les modes d'habiter le logement et la ville mis en évidence par l'auteur dans les grandes villes sont ici confrontés à des observations menées dans différents centres urbains, petits et moyens, au cours de la décennie 80, notamment grâce à de nombreuses études réalisées pour l'INAU (à Khemisset, Tiflet, Guercif, Sidi Bennour…). Les points communs d'une nouvelle urbanité émergente sont mis en évidence, de sérieuses convergences étant en effet observées.
In Actes du colloque Maîtriser le développement urbain en Afrique sub-saharienne, Ouagadougou, 1990, Orstom/ CNRS, Paris, 1991. Contribution : « Projets d'aménagement et dynamiques urbaines ».
La contribution met en opposition les projets d'intervention des acteurs publics et les dynamiques socio-spatiales que les habitants des villes ont généralement commencé à déployer, face à l'absence de solutions formelles à leurs problèmes concrets. Les caractéristiques des ces interventions, souvent aveugles et sourdes à ces dynamiques, sont mises en évidence en les illustrant à partir d'exemples marocains. Les conséquences sociales et spatiales de cette opposition sont pointées par type de projet. Le mode de conception et de montage des projets est en conséquence sérieusement mis en cause.
In Actes du colloque de Constantine, Le devenir des médinas au Maghreb, Décembre 1990. Contribution : « Quelles leçons tirer des travaux et expériences menées sur les médinas en matière de population et d'habitat ? ».
A partir d'enquêtes approfondies menées auprès de ménages habitant les médinas de Meknès et Salé, la contribution tente de mettre en évidence les écarts existant entre la manière dont ces derniers, et notamment les couches moyennes, y vivent et s'accommodent des transformations sociales et spatiales au quotidien et la manière dont les projets d'intervention considèrent les médinas des villes marocaines, à savoir ayant toutes des problèmes identiques, toutes constituées de formes socio-spatiales pratiquement homogènes, et habitées, en gros, par deux groupes de ménages excessivement « caricaturés » : les pauvres condamnés à rester dans un habitat dégradé, et les moyens, tous candidats au départ. A partir des données empiriques, la contribution tente de nuancer ces « visions » et en tire quelques pistes de réflexion sur le futur des médinas.
ANAU/USAID in Stratégie urbaine et Urbanisme opérationnel, Ed. Guessous, Rabat, 1989. Contribution : « Effets socio-économiques des grandes opérations d'urbanisme et d'aménagement du territoire ».
Dans cet ouvrage qui fait à la fois le bilan et l'exploration des perspectives sur les orientations et les réalisations de l'urbanisme opérationnel au Maroc, la contribution met en évidence quelques effets récurrents des grandes opérations sur les populations directement ou indirectement concernées par ces projets. Elle souligne l'absence totale d'études ou de procédures permettant la prise en compte, tant en amont qu'en aval, des conditions socio-économiques, des pratiques habitantes, ainsi que d'approches s'intéressant aux impacts possibles de ces opérations sur le mode de vie des populations, et sur leur accès aux ressources économiques et aux services urbains.
Sous la direction de P.R.Baduel in Habitat, Etat et Société au Maghreb. Contribution : «Modèles d'habiter dans les quartiers résidentiels »; CRESM/CNRS, Paris/Aix‑en Provence, 1988.
Dans cet ouvrage consacré à l'évolution de la question de l'habitat dans un contexte où l' l'Etat apparaît comme seul acteur légitime en matière d'intervention dans l'espace urbain, la contribution montre que les décalages entre modèles d'habiter diffusés par les politiques et/ou règlements d'urbanisme et modèles de fait et pratiques habitantes sont loin de concerner seulement les populations pauvres ou défavorisées. A partir d'enquêtes menées sur l'évolution d'un quartier résidentiel de luxe (Plaisance à Meknès), elle montre les pratiques révélatrices de réappropriation culturelle et de changement social qui ont un impact direct sur les transformations de l'espace et de son usage.
Avec A.Abouhani, M. Ameur, A. Lehzam, M. Naciri et M.F.Zniber : La recherche urbaine au Maroc : un état de la question. Coll. Pratiques Urbaines, CEGET/CNRS, Bordeaux, 1988.
Il s'agit d'un ouvrage qui rapporte de manière synthétique les résultats d'un état des lieux critique sur les travaux de recherche et d'études développés sur les villes et l'urbanisation au Maroc depuis l'Indépendance. L’auteur s'est plus particulièrement chargée des approches sociologiques et anthropologiques ainsi que de tous les travaux plus particulièrement consacrés à l'habitat, quel qu'en soit la discipline.
In La sociologie marocaine contemporaine. Bilan et perspectives, Publications de la Faculté des Lettres et des Sciences humaines de Rabat, Rabat, 1988. Contribution : « Réflexions sur les travaux portant sur l' habitat urbain ».
Dans cet ouvrage qui établit un bilan des travaux et approches sociologiques menés au Maroc depuis l'Indépendance, la contribution fait un bilan systématique sur l'ensemble des travaux de recherche et d'études réalisés sur l'habitat dans les villes (et dont la référence précédente ne faisait que la synthèse). Cette exploration montre la faiblesse relative des approches sociologiques et anthropologiques ou des approches pluridisciplinaires faisant une place aux sciences sociales dans ce domaine.
Sous la direction de N.Haumont et A.Marie, in Politiques et pratiques urbaines dans les pays en voie de développement. L'harmattan, Paris, 1987. Contribution : « Place des populations dans les interventions de restructuration et de réhabilitation des quartiers d'habitat spontané ».
Dans cet ouvrage qui établit un bilan des travaux et approches sociologiques menés au Maroc depuis l'Indépendance, la contribution fait un bilan systématique sur l'ensemble des travaux de recherche et d'études réalisés sur l'habitat dans les villes (et dont la référence précédente ne faisait que la synthèse). Cette exploration montre la faiblesse relative des approches sociologiques et anthropologiques ou des approches pluridisciplinaires faisant une place aux sciences sociales dans ce domaine.
Sous la direction de H.Kano in Housing and the urban poor in the Middle East. Institute of Developing Economies, Tokyo, 1987. Contribution, avec M.Guessous : « Housing and the urban poor in Rabat‑Salé ».
Dans cet ouvrage consacré à la question de l'habitat des pauvres dans les pays arabes non producteurs de pétrole, la contribution des deux auteurs consiste à rappeler les conditions et modalités de l'urbanisation récente à Rabat-Salé, capitale du Maroc, à analyser les politiques nationales et locales déployées pour répondre aux caractéristiques quantitatives et qualitatives de cette urbanisation, et à mettre en évidence les pratiques et stratégies des habitants face à une offre totalement inadaptée à leurs besoins. En mêlant l'analyse de statistiques nationales et locales, ainsi que des résultats d'enquête propres, l’auteur développe plus particulièrement la question des réseaux d'accès et d'intégration à la ville et montre comment les politiques menées jusque là génèrent diverses catégories d'exclus conduits à produire eux-mêmes leurs espaces urbains.
In Actes du colloque de l'Association Maghrébine des études de Population, AMEP, Tunis 1982. Contribution : « Sous-emploi et consommation ».
A partir d'une enquête approfondie sur les consommations et les dépenses menées auprès de 75 ménages dans un grand bidonville de Meknès à la veille d'une intervention de restructuration, la contribution essaie de restituer le contexte de la quotidienneté des ménages dont les ressources sont produites par des activités dites informelles. En les comparant avec les ménages bidonvillois à ressources stables (petits fonctionnaires, militaires, salariés du secteur privé), elle met en évidence les comportements de consommation, et l'effet de l'irrégularité des revenus (plus que leur seule insuffisance) sur les modes de consommation; elle montre aussi les modalités de financement des dépenses, ainsi que les représentations qui accompagnent ces gestes quotidiens et enfin, ce que ces dernières nous renvoient comme clés de lecture sociale du groupe domestique.