Les interventions en bidonville au Maroc. Une évaluation sociale
Publication ANHI, Rabat, 2002, 301 p.
Il s'agit d'une version revue et allégée de deux rapports d'étude qui ont ponctué le travail d'évaluation des politiques urbaines réalisé par l'auteur avec le Secrétariat d'Etat Marocain à l'Habitat de 1999 à 2001 dans le cadre du programme de recherche « Effets sociaux des politiques urbaines », (Laboratoire Urbama, Tours). Il comprend les analyses du bilan critique, fondé sur trois sources : une relecture systématique de tous les travaux d'étude et de recherche qui se sont penchés, au cours des 20 dernières années, sur les projets d'intervention en bidonville; des interviews des acteurs publics, professionnels, experts et chercheurs qui ont été impliqués, d'une manière ou d'une autre, dans ces projets; les analyses et critiques de ces projets qui ont été débattus lors d'ateliers publics réunissant tous les acteurs concernés. Cette analyse conclut à la prédominance absolue de la rationalité technique et à l'absence de prise en compte du contexte socio-économique dans lequel se déploient les projets; elle montre également le caractère mécanique et rigide des modes de « projétation » les plus couramment appliqués. La deuxième partie de l'ouvrage est consacré au bilan empirique, qui résulte d'une double enquête –quantitative et qualitative- sur les effets sociaux d'un certain nombre de projets comme de l'absence de projets concrétisés dans un contexte d'annonce répétitif. Les terrains d'observation retenus se situent à Casablanca, Rabat-Salé et Tanger. Cette approche permet de montrer - aux échelles macro, méso, micro-sociales- les effets visibles ou moins visibles enclenchés ou favorisés par les différents traitements de la question bidonvilloise au Maroc.
Habiter la ville marocaine
Co-édition Gaetan Morin, Casablanca et L’Harmattan, Paris,1997, 315 p. , épuisé.
Il s'agit d'une version allégée et actualisée de la thèse de doctorat d'Etat de l'auteur. L'ouvrage propose une lecture des transformations sociales et culturelles qui accompagnent l'urbanisation du Maroc à travers l'étude détaillée des espaces urbains –du plus privé au plus public- et de leur appropriation sociale dans différents quartiers de trois grandes villes marocaines (Meknès, Rabat-Salé, Casablanca). Cette lecture, qui s'appuie sur des observations diversifiées, et sur des matériaux résultant de méthodes d'investigation alliant approche sociologique et anthropologique, cherche d'abord à montrer la cohérence et la logique des pratiques habitantes face à un univers normatif (architectural et urbanistique) qui tend à les considérer comme anarchiques ou archaïques. Elle montre ensuite toute la complexité des liens entre modèles socio-culturels et modes d'appropriation de l'espace, et souligne en particulier le caractère éminemment dynamique de modes d'appropriation où changement social et réappropriation culturelle se combinent pour inventer de nouveaux complexes socio-spatiaux : impossibles à réduire tant à des imitations/importations de l'extérieur qu'à de simples héritages du passé, ces derniers témoignent des multiples tentatives spécifiques d'adaptation à la modernité urbaine. Enfin, en tentant de saisir les convergences et les divergences existant, pour des groupes sociaux et quartiers d'habitat différents, entre ces modes d'appropriation de l'espace urbain, cet ouvrage montre la construction de nouvelles urbanités qui forment les modèles auxquels se réfèrent les habitants des grandes villes. Ouvrage épuisé. Un projet de réédition est à l'étude à L’Harmattan.
Enquête, mode d'emploi
Techniques d'enquête et collecte de données dans les enquêtes socioéconomiques", Ed. Dar Khattabi, Casablanca, 1989, 292 p., épuisé.
Cet ouvrage est un manuel conçu au départ pour les étudiants de l'INAU (en 3ème cycle professionnalisant), qui aborde la question des enquêtes socio-économiques tant dans les contextes de recherche que dans ceux d'études ou de travaux d'aide à la décision. Il les aborde de manière vulgarisée mais sans concession scientifique ou épistémologique, de la formulation de la problématique à l'analyse des données recueillies. La conception de l'ouvrage s'appuie sur 15 années d'expérience d'enseignement et de conduite d'enquêtes dans le contexte marocain. Beaucoup utilisé à l'INAU même, ce manuel a été très recherché localement car il remplissait un vide. Il a également beaucoup servi dans les enseignements de sociologie dispensés par l'auteur dans des écoles d'architecture, instituts d'urbanisme ou formations spécialisées européennes. La maison d'édition initiale ayant disparu, un projet de mise à jour et de réédition avait été entamé en 1996 avec la maison Gaetan-Morin, qui a elle-même entre-temps fermé sa filiale marocaine. Un second projet de réédition est en discussion avec l’INAU.
La fragmentation en question des villes entre fragmentation spatiale et fragmentation sociale
L’Harmattan, Collection Ville et Entreprise, Paris, 2002, 411 p.
Cet ouvrage s’intéresse aux différenciations socio-spatiales dans la ville quand celle-ci devient métropole ou territoire urbanisé; il interroge certaines représentations qu’en ont les chercheurs et les acteurs publics; il explore aussi ce qu’elles signifient pour les habitants. Plus particulièrement centré sur la notion de fragmentation, l’ouvrage questionne de manière plus large les phénomènes de “partition” ou d’“éclatement” urbains, ainsi que les liens que ces derniers ont avec l’évolution des sociétés urbanisées. Les multiples termes -balkanisation, archipélisation, sécession, dualisation, polarisation…- qui ont, dans les années 90, tenté de décrire cette évolution ont en commun de désigner un processus d’éclatement d’un objet spatial conçu comme porteur d’une unité sociale et d'en appeler dès lors à des politiques urbaines "réparatrices" : derrière la fragmentation urbaine, c'est donc surtout le devenir du lien social et politique dans les sociétés métropolitaines de ce monde globalisé que ces termes cherchent à décoder. Les différentes contributions à l'ouvrage s'articulent autour de trois voies d'exploration : analyse critique des notions couramment déployées par les chercheurs ou par les acteurs publics pour décrire cette évolution, regards croisés sur des réalités empiriques des villes du Nord comme du Sud et mise en évidence des effets sociaux, parfois inattendus, des politiques urbaines inspirées ou légitimées par la prévention ou la réparation de la fragmentation.
L'Évaluation des projets de développement urbain
AERAU, Rabat, 1996, 264 p., Actes de l'atelier international de Rabat ,1993.
Cette publication reprend les textes des communications et établit des synthèses des débats de l'atelier international organisé par l'auteur en Novembre 1993 à Rabat, pour l'AERAU et l'INAU, et en collaboration avec le groupe inter-universitaire de Montréal, Villes et développement, et le Programme de Gestion Urbaine, région arabe. Cet atelier avait pour objectif d'attirer l'attention sur la faiblesse des dispositifs d'évaluation ainsi que sur la spécificité des études et recherches à entreprendre dans le contexte particulier du développement urbain. Il réunissait dans cet objectif des chercheurs, des professionnels, des acteurs publics, des représentants d'organisations internationales, des élus et des membres d'associations et d'ONG. L'auteur a rédigé le rapport introductif et la synthèse des débats. L'ouvrage est divisé en différentes parties qui reprennent la même progression que l'atelier, examinant successivement les pratiques de l'évaluation sous forme d'un état des lieux; les problèmes méthodologiques des évaluations; les problèmes stratégiques et politiques posés par elles; les effets des évaluations; les perspectives. Chacune d'entre elles est introduite par une contribution destinée à poser les questions et lancer les débats.
À paraître, « Intervenir dans les territoires à urbanisation diffuse »
Editions de l'Aube, 2005.
L'ouvrage s'intéresse à la question de l'intervention (aménagement, urbanisme, grands projets…) dans les territoires à urbanisation diffuse. Cette dernière n’est pas nécessairement moins problématique que l’hyperconcentration urbaine qui occupe souvent le devant de la scène scientifique et médiatique. La mobilité, potentialité qui a donné corps à ces formes d’ urbanisation, peut aussi devenir contrainte tant pour les services publics, que pour les activités économiques et pour certaines catégories d’habitants-usagers. Des densités lâches, jointes à d’autres processus sociaux et culturels, remettent en cause la localisation, voire l’existence, de certains équipements et services. L’émiettement foncier et les logiques spécifiques de certaines localisations spontanées, cohérentes au niveau individuel, mais « aveugles » sur les aspects plus collectifs, posent quant à eux, de sérieux problèmes à des maîtres d’ouvrage définis et « profilés » pour des formes socio-spatiales et territoriales souvent devenues quelque peu obsolètes par la force des choses. Enfin, des tensions nouvelles peuvent résulter des évolutions contradictoires entre activités économiques –érosion des statuts et des localisations fixes de l’emploi- et résidence – « fixisme » au moins intentionnel des points d’aboutissement des stratégies résidentielles. Quant aux interventions sur ces territoires, elles oscillent entre références contradictoires (ville« éclatée » versus « ville émergente ») et conduisent à se poser des questions sur les modèles qui guident l'action des acteurs publics et des professionnels. L'ouvrage fait le point et oppose les différents types de discours tenus aujourd'hui tant dans les communautés scientifiques que chez les acteurs sur les transformations que l'urbanisation génère sur ces territoires ainsi que sur les représentations qui guident les acteurs dans leurs projets.
En préparation, « Fragmentation spatiale et urbanité au Maghreb »
Urbama, 2005.
Cet ouvrage expose en détail les résultats d'un état des lieux réalisé sur trois pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) sous une triple grille de lecture : l'analyse de la forme spatiale des grandes villes et de son évolution en vue de discuter l'hypothèse de fragmentation spatiale; l'analyse des modes de vie et des usages de la ville des différents quartiers qui la composent en vue de discuter l'hypothèse de fragmentation sociale ; l'analyse des politiques urbaines et interventions spatiales ainsi que de leurs effets, pour discuter l'hypothèse des effets paradoxaux –excluant, "fragmentant"- de politiques souvent menées au nom de l'articulation et de l'intégration urbaine. Il s'agit d'un travail collectif, réalisé sous la direction de l’auteur au Laboratoire Urbama, Tours, en s'appuyant sur le réseau de chercheurs français et maghrébins associés à cette démarche.
En co-direction avec F. Dansereau : Gestion du développement urbain et stratégies résidentielles des habitants.
L’Harmattan, Collection Ville et Entreprise, Paris, 2002, 356 p.
Cet ouvrage fait le point sur la notion de stratégie résidentielle et sur ce que cette dernière a apporté en termes de connaissance sur les processus de développement urbain. F.Navez-Bouchanine signe l'introduction, et, en collaboration avec Francine Dansereau, le chapitre 1 et la conclusion de cet ouvrage. Quand la notion de stratégie résidentielle a fait son apparition dans les travaux sur les quartiers populaires des villes du tiers-monde, elle a contribué à diversifier les approches des sciences sociales centrées sur les marges de manœuvre des acteurs en raison des pistes nouvelles qu'elle ouvrait. Mais cette "découverte", opportuniste ou ingénue, des stratégies et de leurs effets a également suscité de nouvelles visions en matière de projets de mise à niveau d'aménagement ou de développements urbains. Un séminaire international réuni à Montréal en 1997 s'était posé la question de savoir ce qui, depuis lors, avait été réellement "appris" de ces diverses stratégies déployées par ces populations. L'ouvrage reprend ces questions et fait le point sur les connaissances accumulées sur ces stratégies et leurs effets sur les conditions de vie de ceux qui les initient, ainsi que sur l'impact de ces connaissances sur la production et la gestion des tissus urbains. Il tente également de distinguer, parmi ces stratégies, celles qui ont des effets sociaux négligeables, ne concernant que des aspects mineurs de la vie quotidienne des habitant et celles qui, au contraire, par leurs effets de résistance ou de contournement massif, influent davantage sur cette vie et/ou sur la fabrication et la gestion urbaines.
En co-direction avec A. Hayot : « Intermédiation sociale et citoyenneté urbaine »
Association Villes et Territoires Méditerranéens, Marseille, 1997, 96 p.
Il s'agit d'un fascicule reprenant les contributions de différents chercheurs et acteurs à l'atelier consacré à ce sujet en Avril 1996 à Rabat. Cet atelier avait exploré la notion d'intermédiation ainsi que les différentes figures d'intermédiation mobilisées par les habitants des villes au Maghreb pour accéder aux biens et services urbains. F.Navez-Bouchanine en a rédigé l'introduction qui énonce les figures-type de l'intermédiation, qu'elle soit "traditionnelle", ou "moderne", observées sur le terrain et appelle entre autres à porter plus d'attention à une observation rigoureuse et dépourvue de tout jugement moral ou idéologique des pratiques sociales entourant l'accès individuel ou collectif des habitants aux biens urbains.